Service national universel : vers une nouvelle forme d’engagement citoyen

Sollicité par le secrétaire d’état à la jeunesse, Gabriel Attal, ifac participe avec d’autres associations d’éducation populaire à la mise en place du service national universel. Une contribution centrée sur une approche pédagogique et pragmatique qui sera testée à partir de juin avec 3000 volontaires et 13 régions pilotes.

Qu’est ce que le Service National Universel ?

Le service national universel est un temps pendant lequel il est proposé à chaque jeune de prendre connaissance de ses responsabilités de citoyen.
Cette nouvelle formule a trois objectifs :

  • Créer un moment de cohésion sociale autour des valeurs de la république ;
  • Donner aux jeunes des formations (protection de l’environnement, premiers secours [...] et les prépare à leur orientation et insertion ;
  • Lever les freins sociaux, géographiques, culturels à l’engagement et donner de son temps pour l’intérêt général.

Comment le projet s’organise t-il

La première étape, à partir de 16 ans, est commune à tous et dure 15 jours.
Elle contient des temps de formation, de mises en situation et d’exercices autour de la Défense nationale, des valeurs de la République, de la citoyenneté mais aussi autour d’une formation altruiste sur des domaines d’utilité sociale, environnementale ou citoyenne d’un positionnement sur les savoirs de base et d’un point sur la santé. Elle se déroule généralement des des centres de formations où d’autres types de structures mis à disposition par les villes, départements ou régions (universités, centres de formation, collège, anciens bâtiments militaires). L’encadrement sera hybride : nous y retrouverons des animateurs BAFA, BPJEPS, des éducateurs spécialisés, du personnel de l’éducation nationale et des militaires.

La seconde étape est choisie, elle dure également 15 jours. Chaque jeune doit s’acquitter de 15 jours de mission d’intérêt général. Les jeunes vont réaliser des missions auprès d’associations, services de l’Etat ou encore collectivités locales, corps en uniformes (pompiers, policiers, armée). Le parcours choisi sera un espace de découverte, d’apprentissage et de projets mais aussi un moment d’échanges entre les générations.

La dernière étape, à partir de 18 ans, relève du volontariat. Le jeune a la possibilité de poursuivre son engagement par un service civique, un contrat d’engagement militaire ou un engagement bénévole auprès d’une association. Ce volet lui appartient mais il renforce son service national et lui confère une valeur ajoutée.

Enfin, tous les jeunes bénéficient à l’issue des deux premières étapes, d’une cérémonie de reconnaissance du service national rendu, sous forme de diplôme.

La position et l’analyse ifac : le Service national universel, une phase de test pour une quête de sens.

"Ce qui doit par ailleurs être recherché, c’est la capacité de la Nation à se mobiliser dans une histoire commune, à s’engager collectivement et à se retrouver dans l’adversité"

Martial Dutailly, directeur général ifac

Au service des autres, la quête d’une identité

Le service volontaire universel possède des enjeux connus et ambitieux :
1. Renforcer chez les jeunes le sentiment d’appartenance à la Nation.
2. Mobiliser les jeunes citoyens en devenir pour accroitre la capacité de défense la Nation lorsqu’elle est agressée.
3. Créer un moment de cohésion nationale, à partir des jeunes avec l’ensemble des forces vives de notre pays.

Autour de ces idées fortes, ifac soutient la volonté de montrer aux jeunes leur utilité sociale et leur prouver que cela peut faire sens.

Des connivences historiques à mettre de côté ?

Cette nouvelle forme d’engagement citoyen peut faire penser au service national d’antan. Celui-ci qui portait avec lui un paradoxe : à la fois tous les hommes qui ont connu cette période se plaisent à partager leurs galères ou leurs exploits, mais beaucoup ont aussi eu le sentiment d’y perdre du temps.
Aujourd’hui, le service national pour filles et garçons a pour ambition de permettre aux jeunes concerné(e)s de donner de leur temps pour servir mais aussi pour apprendre. Il a aussi pour aspiration de revêtir un caractère utile pour les autres et pour soi.

Le caractère obligatoire du SNU, moteur universel ?

La question du caractère obligatoire se pose d’ailleurs. En effet, la contrainte, fût-elle d’Etat, est rarement un moteur universel. Il ne faut pas minimiser la difficulté à gérer la partie de la jeunesse, qui sera réfractaire à cette idée. Tout comme il faudra anticiper ceux qui éprouvent des difficultés à s’inscrire dans un cadre collectif.
D’autre part, si le SNU n’était basé que sur du volontariat, il est probable que son impact sera marginal et perdra ainsi sa dimension nationale et universelle.

Pour rendre cette idée mobilisante, il est important de dépasser les aspects ci-dessus sur la base de :

  • un volontariat conseillé et sur une dimension incitative,
  • des valeurs citoyennes et sociales fortes
  • un avantage futur indéniable en matière d’insertion sociale ou professionnelle.

Service national universel : un vase communiquant

Pour que le service soit universel, nous suggérons de le centrer non seulement sur une jeunesse qui donnera un peu de son temps mais en retour sur une société qui se mobilisera pour l’accueillir. Ces jeunes, plus tard à leur tour, accueilleront leurs suivants dans un cercle vertueux de solidarité et de réciprocité.