Dispositif 2S2C, pour une reprise accompagnée. Ifac au rendez-vous de ses missions.

En pleine crise sanitaire, le 21 avril dernier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, présentait le « dispositif 2S2C » (Santé, Sport, Culture, Civisme). Un dispositif mis en place en collaboration avec les ministères de la Culture et des Sports, afin de favoriser l’accueil de tous les élèves à l’école.

Mais pourquoi le dispositif 2S2C a-t-il vu le jour ?

La période de confinement a fait l’objet de nombreuses réflexions sur les conditions de réouverture des écoles. Elle a permis aussi d’analyser le comportement d’un certain nombre de décrocheurs que le travail distanciel a mis en grave difficulté, la rupture avec l’école pour certain a été consommée dès le 16 mars.
Pour une reprise en toute sécurité, différentes mesures ont vu le jour : le respect complet d’un cadre sanitaire strict qui conditionne l’ouverture de chaque école et établissement ; la possibilité d’une réouverture par niveau ; laisser le choix aux familles de remettre leurs enfants à l’école (l’enseignement restant obligatoire) ; un accueil de 15 élèves maximum etc.

Jean Michel Blanquer a alors affirmé vouloir lutter contre les inégalités en renforçant la continuité pédagogique pour tous les élèves, y compris ceux qui auraient décroché. Face à l’impossibilité d’accueillir tous les élèves et au regard des contraintes techniques, l’idée de mise en place du dispositif 2S2C s’est imposée.

« La période de confinement aura marqué l’histoire sociale, familiale et scolaire de beaucoup d’enfants. Au-delà de rompre avec les inégalités qui se creusent, il est temps de retrouver une vie, la plus normale possible, et de reprendre le chemin de l’école et des activités ; puisqu’il faudra bien apprendre à vivre, pendant un temps tout au moins, avec ce "risque ". Les enseignants auront besoin de soutien dans cette phase pour assurer à la fois les cours et garantir la distanciation sociale recommandée par les gestes barrières. Les familles auront besoin de recouvrer des espaces pour reprendre une activité professionnelle et subvenir à leurs obligations. Les enfants doivent pouvoir ressortir, apprendre, jouer et retrouver la légèreté qui doit être la leur, à leur âge. Vous aurez noté déjà à quel point ils sont marqués par l’événement. La vie de la nation enfin doit reprendre dans tous ces aspects. » rappelle Martial Dutailly, directeur général d’ifac

Qu’est-ce que le dispositif 2S2C ?

Ce dispositif a pour but d’accueillir et de prendre en charge les élèves avec, entre autres, l’objectif de développer la place du sport et de la culture à l’école.
Il prévoit de confier à des animateurs, payés par les communes, des groupes de 15 élèves maximum, pour proposer des activités sportives, artistiques, culturelles ou citoyennes. En contrepartie, le ministère de l’éducation nationale prévoit de verser aux organisateurs, une subvention de 110€ par jour et par groupe de 15 enfants pris en charge.

Les animateurs ont-ils les capacités et les compétences pour répondre aux attentes du dispositif 2S2C ? Mickaël Grébert, responsable d’établissement Le Raincy animation nous répond : « Oui, il s’agit de mettre en place des activités de renforcement scolaire, de permettre aux enfants de mieux apprendre, de réaliser des exercices dans le prolongement du travail scolaire, de s’exprimer sur la période confinée, de retrouver une vie de groupe, et de continuer à appréhender en s’amusant. Néanmoins dans la perspective de la rentrée scolaire et maintien du dispositif 2S2C, nous devrons envisager des actions de formation complémentaires.
Au Raincy, nous avons sélectionné les animateurs en fonction de leurs compétences.
Nous avons également fourni à nos équipes, des documents ressources pour soutenir leur action. Dans les délais de mise en place souhaités par la Ville, nos premiers pas dans ce nouveau dispositif sont plutôt réussis…
 »

Les animateurs sont donc formés à cet effet et capables d’accompagner chaque enfant.

Le dispositif 2S2C sera mis en place avec l’accord des maires des communes et en lien avec les écoles, si celles-ci sont en capacité de financer et d’organiser ces accueils tout en respectant le cadre sanitaire. Ils sont invités à s’appuyer sur les associations et les compétences locales. Bien-sûr, à l’instar de la mise en place des nouvelles activités périscolaires dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, il est à parier que toutes les communes ou tous les territoires -on pense au secteur rural- ne seront pas en capacité de mettre en place ce dispositif à court terme… Si le dispositif 2S2C a vocation à gommer les inégalités entre les enfants, il ne pourra pas gommer à lui seul, les inégalités territoriales.

Le dispositif 2S2C est une autre forme d’apprentissage, complémentaire de l’enseignement public. Il permet aux élèves, d’apprendre autrement, de façon ludique et de les maintenir en éveil, selon les principes de l’éducation « non-formelle », c’est-à-dire, de permettre aux enfants d’apprendre en s’amusant (jouer, discuter, faire du sport, chanter etc.) et de s’épanouir dans un cadre bienveillant et sécurisé.

« Le dispositif studieux que nous avons imaginé, en résonance avec le dispositif 2S2C du ministère, est un programme d’activités autour du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, jusqu’à des temps dédiés au renforcement scolaire et à l’accompagnement personnalisé par exemple. » précise Clément Delort, directeur de la pédagogie à Ifac.

Et ifac dans tout ça ?

ifac (Institut de Formation, d’Animation et de Conseil) a anticipé le dispositif 2S2C pour ses propres collectivités partenaires en mettant en place un « dispositif studieux », basé sur un principe de co-éducation. Il a fait ses premiers pas dans le cadre de la mise en place du service minimum exceptionnel pour les enfants des personnels soignants et/ou prioritaires.

Un dispositif pour les enfants mais aussi pour les parents

Le dispositif est d’abord présenté comme une « solution » pour les enfants, mais ifac mesure bien le fait que ce dispositif soulage aussi les familles qui ont un besoin impérieux de retrouver le chemin du travail ou de télétravailler dans le calme.
Certaines écoles ne rouvrant pas leurs portes dans les premières semaines du déconfinement, ce dispositif aura permis aux élèves de poursuivre ou reprendre l’école, dans un cadre élargi à toutes les cohortes d’élèves.
Pour les parents qui ne sont pas en capacité d’apporter une aide suffisante à leurs enfants ou pour les parents pour qui il est impératif de retourner travailler, le dispositif 2S2C est d’une aide au combien précieuse.
Pour les élèves enfin, il leur permet de sortir d’une période d’isolement. Cela fait plusieurs semaines qu’ils sont privés de l’école, de leurs amis, de moments de partage… Avoir la possibilité de participer aux activités qui leurs seront proposées, est un retour à une vie sociale et de groupe, des instants d’espace, de respiration et de remobilisation.

Hard skills ou Soft Skills ?

Le dispositif 2S2C, contrairement à l’école, s’adresse aux « soft skills » des enfants.
Les soft skills sont assimilés aux compétences comportementales, souvent sous estimées mais pourtant tellement utiles dans un processus d’apprentissage.
Les enfants ne sont pas dans une démarche d’apprentissage théorique ; avec le dispositif studieux 2S2C, ils développent une autre forme de compétences, complémentaire aux missions de l’école.
Si l’école leur offre les compétences de base ; le dispositif studieux 2S2C se penche sur le « savoir-être » et les compétences transversales : un savoir primordial dans la vie de tous les jours !
Les enfants pourront alors « apprendre », « apprendre à apprendre » différemment, « apprendre à réfléchir » par eux-mêmes sur des thèmes concrets de la vie.

Dans le cadre des valeurs de l’éducation populaire

Le développement personnel de chaque enfant, l’aide plus attentionnée aux élèves en difficulté participent des missions d’Ifac. Si chaque enfant a certes sa chance, il doit la saisir… à condition de réunir tout ce qui est nécessaire pour lui donner l’occasion de la saisir. C’est à ce stade, qu’une association d’éducation populaire comme Ifac intervient.
ifac est en capacité de proposer à ses équipes, un programme d’activités par cycle, des journées types et des enchaînements d’activité (2S2C, loisirs, détente, etc.). Les programmes sont propres à chaque collectivité locale et adaptés aux besoins des enfants.

Quelques exemples d’activités pour un prolongement du dispositif pendant l’été

« Nous suggérons pour cet été, la mise en place d’activités éveillées et studieuses déclinées à la fois :
• Dans l’extrascolaire, des « vacances éveillées » qui proposeront des activités autour du socle commun de connaissance, de compétences et de culture, jusqu’à des temps dédiés à du renforcement scolaire. Mais aussi, de vraies vacances, amusantes, divertissantes, en accueils de loisirs ou en mini-séjours.
• Pour des séjours studieux : de l’élémentaire au collège, le déploiement de séjours permettant d’alterner des temps de “remédiation scolaire” ou de “cahiers de vacances" avec des activités ludiques, récréatives et “rafraîchissantes. »
Le dispositif se prolongera tout l’été, de manière à garder un état de vigilance et d’éveil. Ainsi, de nombreuses activités s’orienteront autour de « l’aide aux devoirs ». Par exemple, le matin, les élèves travaillent sur des sujets éducatifs mais sans professeur, de façon plus ludique : comme des cahiers de vacances. Le but ici, n’est pas de faire l’école, ni de se sentir à l’école ; mais d’apprendre en complément et en parallèle de l’école.
Des activités comme les « Goûter Philo » ou la demi-heure de lecture seront également mis en place ainsi que des jeux sportifs en extérieur.
Par exemple, ifac proposera des clubs spécialisés : L’« English Club », le « Digital Club » et enfin le « Green Club ».

  • L’english Club (qui existe aussi avec d’autres langues) proposera un encadrement avec des natifs anglophones, permettant aux enfants, par tranche d’âge, de se familiariser dans la qualité avec une autre langue.
  • Le « Digital Club » proposera différentes activités pour tous les âges. Pour les plus jeunes, de la construction de robots, de la programmation des machines en utilisant des codes couleurs pour leur donner vie etc. Pour les plus âgés, la découverte de la 3D, et la conception de jeux video en 3D. Le digital club est une bonne facon de faire des maths et de la physique ou de la programmation sans même le savoir.
  • Le « Green Club » proposera des activités en plein air mais aussi de réflexions sur la protection de l’environnement. Le but ici, sera d’aider les enfants à développer leurs idées, les guider dans leurs projets, leur permettre de les réaliser et les laisser imaginer leur monde d’une nouvelle manière. N’oublions pas que les élèves aujourd’hui sont les adultes de demain, à tous les niveaux.

Ce programme à l’origine crée dans un élan de solidarité à l’école, peut s’inscrire sur le long terme. Ce dispositif périscolaire dit, « temporaire », pourrait bien devenir un élément constitutif de « l’école de demain ». Ifac y prendra sa part, à sa place en complément de l’école et dans le respect de ses missions régaliennes, à l’écoute des attentes des collectivités territoriales. Valorisons, ensemble, les principes de la co-éducation !